L'environnement est montagnard, celui de Nâves-Parmelan, village discret entre Annecy et Thônes perché à 640 mètres. Face à l'église, un seul commerce, ce "Café de la Poste" faisant office de bureau de poste, dépôt de pain et surtout depuis début 2025 de véritable restaurant. Un endroit devenu rapidement un incontestable pôle d'attraction pour une clientèle locale jeune et connaisseuse, voire exigeante. On doit cette métamorphose ô combien réussie au chef-propriétaire d'origine lorraine Maxime Chevardé, trentenaire enthousiaste passé notamment par les cuisines de "l'Auberge sur les bois" (trois toques à Annecy-le-Vieux) en tant que second de Daniel Baratier. Aujourd'hui pleinement chez lui, Maxime virevolte entre ses fourneaux (secondé par la sympathique Sylvie), l'accueil et le service dans les trois salles au décor pimpant et gentiment rétro, remplies tant au déjeuner (menu cadeau à 26 €) qu'au dîner (menu à 38 € valable aussi le dimanche midi). Dans les assiettes, de la pure bistronomie avec un gros supplément d'âme, des grignotages pour ouvrir l'appétit (panisses, jambon persillé...), des pièces à partager (coquelet en crapaudine, cerf rôti, aile de raie), un travail affûté sur les légumes (topinambours, asperges ou encore céleri lors de notre dernière visite), pas mal d'herbes savoureuses, des associations judicieuses, des sauces précises, des desserts réconfortants (mousse au chocolat tiède, crème glacée au foin). Pour compléter le tableau, une épatante carte des vins, pointue et précise, bien conçue et abordable. Bref, une adresse coup de cœur, un émouvant lieu de vie, bourré de bonnes ondes, réfléchi sur tous les plans (jusqu'à la formidable bande son), à l'état d'esprit vivifiant et au succès mérité.