Accolée au prieuré du Louroux, cette table du Lochois affirme une identité profondément rurale, en résonance directe avec la campagne tourangelle. Pierre Drouineau y déploie une cuisine volontairement resserrée, fondée sur une carte courte qui revendique le local et la saisonnalité. L'ensemble est lisible, gourmand et porté par une vraie justesse de goût. Dès les premières bouchées, la mémoire est convoquée : une crème de panais bien chaude, relevée d'une poudre de pain brûlé, installe un registre réconfortant. L'œuf à 64 °C, accompagné d'un ragoût de pommes de terre, d'oignons confits et d'une émulsion au foin, évoque un plat de grand-mère revisité avec élégance et équilibre. Le duo de canard prolonge cette ligne : cuisse confite, poitrine rôtie, légumes braisés fondants, mousseline soignée et petit épeautre apportant une touche plus rustique, dans une assiette soignée et précise. Le dessert, plus classique dans sa construction, associe kiwi, agrumes et estragon autour d'un sorbet citronné net, pour une finale fraîche et bien tenue. En salle, le service se montre fluide et efficace. Si la carte des vins reste cohérente dans son ancrage local, le choix au verre demeure limité.