De chaudes notes brésiliennes habillent musicalement l'espace de cet ancien garage habilement transformé en espace gourmand. Dans ses cuisines vitrées, Damien Le Quillec et son équipe valorisent prioritairement le patrimoine breton et rendent hommage aux grands-pères du cuisinier. La technique est sûre, l'inspiration n'est pas en berne, les plats ont de l'esprit… Alors, oui, bien sûr, parfois, on se dit qu'un peu plus de simplicité ne nuirait nullement à l'ensemble. Après des mises en bouche qui laissent augurer du meilleur, les magnifiques saint-jacques de la baie de Saint-Brieuc sont servies en carpaccio et légèrement relevées d'aneth, de citron et d'une émulsion de bière de Lannion à l'amertume bien contenue. Quant au foie gras chaud, il est apprêté d'une manière peu banale puisque c'est le cornichon - brûlé à la flamme, en gel et en brunoise - qui lui tient lieu de compagnon de route avec un petit peu trop d'insistance… Si on ne s'attend pas à la présence d'une sauce hollandaise, reconnaissons que l'idée se révèle intéressante. Place ensuite au lièvre à la royale que Damien exécute fort honorablement, même si la marmelade de clémentines corses et truffes ne s'impose guère, tout comme la petite brioche aux cèpes. Il reste enfin à se laisser adoucir par un joli travail autour du kumquat - en différentes textures - agrémenté d'un délicieux sabayon au chocolat. Le service emmené par Aurélia est particulièrement attentionné. La carte des vins rassure avec, par exemple, Stéphane Ogier, le domaine Humbrecht, Vincent Dauvissat, Olivier Pithon, Eric Cottat, Yves Gangloff, le domaine Abbatucci... Dommage que la carte soit truffée de petites coquilles.