Le Grand Bornand est sans doute l'une des perles des Aravis. Un beau village aux chalets joufflus et aux accents savoyards bien prononcés. Ici, dit-on, vivent 2000 habitants et 2000 vaches… Il était temps de voir enfin des jeunes s'y installer. C'est le pari de Jeremy Bibollet, un enfant du pays. Après une carrière dans la mode et une aventure de berger dans les alpages au-dessus d'Ugine, il ouvre ici, avec Maxime Nait-Chalal, un professionnel de la restauration, un restaurant charmant et une partition à trois, avec la jeune cheffe Morgane Souffront que l'on avait déjà repérée à l'Ecuelle à La Clusaz. La carte est un poil classique : filet de bœuf Rossini, ou poisson du jour – purée de carottes, on aurait aimé quelque chose de plus inattendu. Mais les entrées veggie recèlent des promesses alléchantes, et plutôt marrantes : le chou purée de chou-fleur fumé, chou rôti au sumac et pétales de chou-fleur, est vraiment réussi. Le butternut en velouté, œuf, et piment d'Espelette est de bonne facture. Pour les amateurs de fondue, vous retrouverez la recette (réussie) de la grand-mère de Jérémy, et quelques déclinaisons au champagne et à la truffe. Les desserts sont simples : le baba ressemble un peu à un quatre-quarts infusé au rhum, le shortbread et la tatin complètent l'offre. La carte des vins est en développement, avec quelques régionaux.