Médoc blanc : 6 cuvées qui signent la naissance d'une nouvelle appellation
Homologuée au Journal Officiel le 5 août 2025, l'appellation Médoc blanc voit le jour avec le millésime 2025. Nous avons dégusté les premières bouteilles commercialisées de cette nouvelle appellation qui conjugue tradition de plus de trois siècles et cahier des charges restrictif.
Depuis ce printemps, les consommateurs de vin découvrent sur les étagères des cavistes et les cartes des restaurateurs une nouvelle appellation, le Médoc blanc. Homologuée au Journal Officiel le 5 août 2025, l'appellation voit le jour avec le millésime 2025 et nous avons dégusté les premières bouteilles commercialisées.
À l'heure où les vins blancs connaissent un engouement croissant et où leur consommation ne cesse de progresser, les vignerons médocains œuvrent depuis toujours pour préserver une tradition viticole de plus de trois siècles. Le vin blanc du Médoc, même sans décret, a toujours été reconnu comme un vin au profil bien identifié et le cahier des charges a été rédigé dans l'esprit de représenter ce profil distinctif.
Un cahier des charges restrictif
Plantés sur une diversité de sols entre graves et terroirs argilo-calcaires, les cépages désormais autorisés sont au nombre de 4 : muscadelle, sauvignon blanc, sauvignon gris, sémillon. Cinq autres cépages, dont l'alvarinho (originaire de Galice) et des cépages hybrides (floreal, liliorila, sauvignac et souvignier gris), sont expérimentés à des fins d'adaptation et limités à 5% de l'encépagement et 10% de l'assemblage. Les vins sont ensuite vinifiés et élevés avec un passage obligatoire pour au moins 30% du vin en contenant en bois pendant 3 mois minimum, non pas pour les arômes du bois mais pour conserver les lies et bénéficier de la rondeur en bouche apportée par les tanins du bois. Le conditionnement se fait à partir du 1ᵉʳ avril de l'année suivant la récolte et uniquement en contenant verre. Vous ne trouverez pas de Médoc blanc en canette ou en bag-in-box.
Les vignerons peuvent produire du Médoc blanc sur l'ensemble des huit appellations du Médoc (dont les appellations communales Margaux, Pauillac et Saint-Julien, entre autres). À ce jour, environ 200 hectares sont plantés en blanc en Médoc. Pour le premier millésime 2025, 29 exploitants ont produit 200 000 bouteilles sur 63 ha. Une appellation encore confidentielle mais en marche.
Château Tour Prignac, Médoc blanc 2025
Cette propriété bordelaise, la plus septentrionale de la famille Castel, a planté, il y a 4 ans, 10 hectares de cépages blancs et produit pour la première année un médoc blanc élaboré à partir de sémillon, sauvignon blanc et sauvignon gris. Ce premier médoc est une jolie réussite caractérisée par l'élégance et la délicatesse. Des arômes de chèvrefeuille, de poire et de citron accompagnent une bouche fraîche et droite. Le vin est minéral et salin, idéal pour des huîtres du bassin d'Arcachon.
Ce médoc blanc dévoile déjà de beaux arômes de miel d'acacia, de fleur de sureau, d'abricot encore croquant et de notes toastées. Le vin est ample, charnu qui, malgré un élevage encore présent dû à sa jeunesse, garde une vraie gourmandise juteuse. Vous pouvez le carafer afin de l'ouvrir pour la dégustation, mais le mieux est de l'attendre pour qu'il s'exprime au mieux cet hiver avec un merlan et une tartelette butternut. Faites des réserves.
Un vin qui dénote au milieu des autres avec son format de bouteille bourguignonne, mais dès le nez, on retrouve la typicité du sauvignon sur un beau millésime solaire : les fleurs blanches, le citron, l'ananas frais et une pointe d'amande grillée. Malgré ce millésime ensoleillé, on garde un vin dynamique à la jolie texture suave mais musclée et précise. Salin et salivant, parfait avec un tataki de thon aux baies roses.
C'est jeune et c'est intense. Le vin démarre avec des notes de bonbon arlequin et d'agrumes puis les arômes pâtissiers font leur apparition, comme un saint-honoré, de l'amande et des poires caramélisées. L'élevage en barriques apporte une trame tannique et une aromatique toastée tout en gardant une vraie sensation fruitée. Le vin monte en puissance au fur et à mesure de la dégustation. Un vin à la personnalité marquée, qu'on pourra carafer ou attendre un peu pour qu'il s'assagisse en bouteille. Avec une très classique blanquette de veau.
Un vin blanc qui exprime déjà générosité et complexité avec des arômes d'ananas, de fruit de la passion, d'abricot, de vanille et de bois. En bouche, la matière se révèle plus légère que ne le laissait supposer le nez. Cependant, on apprécie la texture noble et franche avec des notes toastées et une finale autour des zestes d'agrumes qui donne un joli pep's. Il se mariera avec un risotto bien garni en parmesan.
Château Talbot, 4ᵉ cru classé, produit Caillou blanc depuis les années 1930. Cette cuvée 2025 a été prélevée sur fût et exprime encore sa jeunesse. Pourtant, elle dévoile déjà un bouquet intense de pêche, de caramel, de grain de café et de fève de tonka. La tension est bien présente mais dès les premières gorgées, on s'aperçoit que c'est un vin qui ira loin. Racé, le vin s'étire vers une finale qui n'en finit pas justement. Les épices avec le poivre blanc et les 5 épices chinoises nous suivent tout du long de la dégustation pour un vin avec une belle personnalité qu'on a très hâte de voir prêt. Il sera votre compagnon de table à Noël avec des bouchées à la reine.