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3 hôtels d’exception pour vivre la Méditerranée autrement

3 hôtels d’exception pour vivre la Méditerranée autrement

Trois havres secrets, trois tables d’élite et un seul horizon : la Méditerranée. Immersion dans une Côte d'Azur confidentielle qui cultive le sens du détail et l’émotion pure.

Caroline Mignot

La Réserve de Beaulieu 

Posé sur la Grande Bleue, entre la presqu’île de Saint-Jean-Cap-Ferrat et le petit port de Beaulieu-sur-Mer, cet hôtel mythique de la Riviera française continue de se réinventer sous l’impulsion de ses propriétaires, Jean-Claude et Nicole Delion, présents au quotidien et attentifs au moindre détail, profitant de l’hiver pour embellir et affiner les lignes de leur trésor. Aux beaux jours, les portraits des couronnés venus ici dès le XIXe siècle (l’impératrice Sissi, le tsar de Russie, la reine Victoria) et les livres d’or remplis d’illustres signatures du monde du cinéma et de la littérature rayonnent à nouveau comme les salons, le bar, le patio et son jardin fleuri aux teintes douces et apaisantes.  

Quant aux vues sur la Méditerranée, elles accentuent cette impression d’exclusivité, le lieu rien que pour soi et un tête-à-tête avec la mer. Les chambres et suites, au nombre de trente-neuf, auxquelles ont été récemment ajoutés deux villas privées et un pavillon jardin, forment un ensemble de cocons lumineux. Au petit-déjeuner, sur la terrasse bordée par l’iconique balustrade blanche, la mer apparaît miroitante et presque cinématographique. Plus bas, au bord de la piscine, les parasols et les chaises longues finissent d’être parés, tandis que le Spa by La Prairie permet de découvrir les dernières innovations de la marque. La piscine de dix mètres sur vingt, avec la cuisine du restaurant d’été le Vent Debout servie autour, sonne comme une invitation à passer à table, entre les deux eaux bleues. Salades César ou nissarde, raviolis d’artichaut et niçoise glacée, homard bleu décortiqué à la carotte et rafraîchi de combawa, la cuisine oscille entre classiques d’hospitalité et propositions ancrées dans le terroir local. 

Le soir venu, à l’intérieur ou sur la terrasse, le Restaurant des Rois (17/20 – 4 T) offre un scintillant ballet de saveurs marines et végétales qui s’aventurent avec précision. Le chef Julien Roucheteau, arrivé il y a sept ans avec son col bleu blanc rouge de meilleur ouvrier de France et un parcours essentiellement parisien, se plaît à explorer les environs. Il ne cesse de s’émerveiller des liens avec les pêcheurs qui débarquent thons et espadons comme de la proximité des producteurs de l’association de Nice 21 Paysans. Les plats témoignent de cette curiosité et de ces passions partagées. Raviolis au fenouil (cultivé à quelques kilomètres de là et incomparable selon le chef), caviar et coques ; dos de rouget saisi à la flamme et consommé d’arêtes infusé aux noyaux d’olive (fournis par le producteur voisin). Chaque plat est accompagné de gestes et de jolis mots en salle, d’un gourmand sabayon déposé, d’un élixir versé, toujours avec une pointe d’acidité que Julien Roucheteau tient de ses années passées à la Table du Lancaster, à Paris, avec le chef Michel Troisgros. Le luxe simple et surtout voué aux clients, les Delion y veillent et cela se ressent. La directrice Estelle Wicky, depuis longtemps présente à leurs côtés, fait rayonner cet esprit à travers tout l’hôtel. Les équipes sont fidèles car investies dans cette volonté d’avancer et les clients aussi… Comment pourrait-il en être autrement quand tout est fait pour combler chaque hôte qui entre dans la Réserve ? 

Cheval Blanc Saint-Tropez

Comme une maison, les pieds dans l’eau, à l’ombre de pins centenaires et dotée d’une vue imprenable sur le golfe de Saint-Tropez. L’hôtel qui abritait depuis son ouverture en 1936 des œuvres du céramiste de Vallauris Roger Capron ne s’en est pas dessaisi, loin de là. Colonnes de l’escalier central, fresques, dessins des tapis, l’empreinte de l’artiste irradie encore plus la maison, sous la houlette de l’architecte Jean-Michel Wilmotte qui a opéré une mue de l’hôtel en galerie vivante. Dans une palette de blancs lumineux rehaussés de ce bleu profond nommé « Bleu Riviera » les trente-deux chambres et suites s’ouvrent pour la plupart sur la mer. Les accès à la piscine, à la plage et au large sont directs, avec le petit ponton servant de point de départ aux activités nautiques.  

Grands espaces et douces tonalités sable et ocre, le Spa Cheval Blanc par Guerlain propose des soins spécialement imaginés pour l’hôtel, allant jusqu’à créer son parfum Riviera Chic avec le nez de Guerlain Thierry Wasser. Le sens du détail et de la précision, c’est aussi la ligne d’Arnaud Donckele, chef sensible et poète dont la quête d’aboutissement ne cesse de s’exprimer au fil des années dans cette maison où il est arrivé à 27 ans. Langouste du cap Lardier cuite dans une pâte à sel de corail et d’algue ; poularde de Culoiseau girolles, artichaut et sauce poulette… Les mots du directeur de salle Thierry Di Tullio, le terroir provençal, la Méditerranée, les réminiscences et les arts de la table respirent à l’unisson le temps d’un dîner au restaurant la Vague d’Or (19/20 – 5 T).  

En extérieur, à toute heure, la Terrasse multiplie les propositions gourmandes et délicates. Tarte fine dans l’esprit d’une pissaladière pagnolesque ou la pâte Zitone, jus « condiments Riviera » et éphémère d’artichauts truffés, « hommage à un cuisinier [Jean-Louis Nomicos – restaurant Nomicos à Paris] qui m’a tant apporté », donnent envie de rester encore un peu plus longtemps dans le sillage du chef. 

La Réserve Ramatuelle

Lignes contemporaines imaginées par Michel Reybier (fondateur du groupe Michel Reybier Hospitality) et décor signé Jacques Garcia en écho aux arts décoratifs des années 1950-1960 de la Riviera, la Réserve Ramatuelle apparaît tel un temple de luxe provençal et confidentiel. Entre garrigue, pinède et chant des cigales, avec vue sur la Méditerranée à couper le souffle, la relaxation est totale. Les voilages dansent au gré du vent, le blanc est la couleur dominante et les arts se combinent, puisant dans les éléments provençaux comme les céramiques de l’artiste Julien Capron et le modernisme des motifs végétaux inspirés de Jean Cocteau. En immersion dans une nature préservée, les dix-neuf suites et huit chambres de l’hôtel sont largement ouvertes sur la mer et les treize villas privées se cachent dans les collines. Au bord de la piscine, les dîners iodés Mare Sera seront servis l’été avec un large banc de l’écailler et un barbecue convivial. Le restaurant gastronomique la Voile (14/20 – 2 T), mené par le Varois Éric Canino, fait plonger dans les profondeurs de la Méditerranée, en prenant de jolis détours par les terroirs français.

Depuis ses débuts à la Réserve Ramatuelle, le chef compose sa cuisine avec une vision de légèreté et de bien-être et un choix de produits parmi les plus prestigieux. À la carte, langoustine et caviar, velours de crustacés infusé à la feuille de citronnier et crudo au caviar de Sologne ; chapon et poulpe, farci et grillé, pommes fondantes safranées et soupe de roches font frémir de douceur au soleil couchant. Pour prendre un peu de hauteur, la cuisine de La Muña, table installée sur le rooftop de l’hôtel, explore des saveurs entre pays du Soleil-Levant et Pérou, tout en raffinement. Le Spa Nescens, marque interne au groupe, dispose de onze cabines de soins et d’une piscine intérieure chauffée. Des programmes y sont élaborés sur mesure pour le bien-être des hôtes entre équilibre et plaisir, philosophie à laquelle Michel Reybier est très attaché. 

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