48 heures à Bandol
Provence-Alpes-Côte d'Azur - Corse - Monaco/2026
À 15 km de Toulon, Bandol est la chic station aux multiples attraits. Il est presque symbolique que l’on y accède depuis Toulon après la première barrière de péage. Tout se mérite ! Bandol pour les Toulonnais, c’est un peu comme Versailles pour les Parisiens. À une distance équivalente, une ambiance déjà différente, presque un style. Le week-end, on vient de Toulon ou même de Marseille, d’Ollioules ou d’Aubagne pour se promener le long du port, manger une glace, prendre un cocktail.
La pointe de la ville, avec d’un côté le port, de l’autre l’anse et la plage de Renécros, ressemble à une ancre marine un peu tronquée, ou à une pièce de puzzle. C’est au bout de cette pointe que se trouvait jadis le château d’Antoine Boyer, élevé en 1610 sur le site d’un premier fort, où il ne reste qu’une tour, une courtine et un puits.
Juste en face de la presqu’île, la petite île privée de Bendor, d’une superficie de sept hectares, est la propriété de Paul Ricard depuis les années 1950. C’est aujourd’hui le groupe Zannier, en tant que concessionnaire, qui y aménage une hôtellerie de luxe. Au printemps 2026, après cinq ans de travaux, elle accueillera quelques heureux privilégiés dans un cadre de rêve. La restauration et ses quatre tables sont confiées à Lionel Lévy, figure bien connue de la restauration marseillaise, qui fut Grand de Demain Gault&Millau en 2002 pour son restaurant Une Table au Sud.
La vie commerçante bandolaise se concentre dans les ruelles juste au-dessus du port, dans un quadrillage étroit autour de l’église Saint-François de Sales : les rues parallèles Jean-Moulin, de la République, de la Paroisse, Courbet et Vincent-Allègre, encadrées par la place de la Liberté et la rue Voltaire. Tout au long des quais se succèdent les terrasses de bars et restaurants, jusqu’au casino et au-delà.
Pourtant, la haute gastronomie n’y a jamais vraiment trouvé refuge. Dans les années 1990, on relève un trois toques à l’hôtel Île Rousse. Il faut aujourd’hui se rapprocher du circuit automobile du Castellet, ou pousser jusqu’à Cassis pour trouver les plus hautes toques. Néanmoins, la vie touristique y étant intense, on trouve aujourd’hui suffisamment de bonnes tables, déjà bien implantées et des nouvelles venues pour multiplier les expériences gourmandes. Et surtout Bandol, c’est plus qu’un nom, c’est aussi une appellation et un grand vin.
Deux caractéristiques justifient la renommée et la grande qualité du vin de Bandol : le terroir, avantagé par un beau climat, et l’utilisation du mourvèdre (de 50 à 95 %), cépage un peu magique, organique et terrien, qui allie finesse et complexité. Les vins de grande garde offrent des bouteilles mythiques sur certaines parcelles, comme celles du fameux domaine Tempier (la migoua, cabassaou…). La production se fait surtout en rosé (70 %) et en rouge, avec une petite proportion de blancs. Les amateurs de belles dégustations iront chez les vignerons en vue, ou à la Maison des vins de Bandol, l’Œnothèque.