Rares sont les jeunes chefs à faire preuve d’une expérience aussi bien infusée, se révélant au fil des assiettes avec beaucoup de sagesse. Thomas Parnaud, passé par les cuisines de Frechon et par les Antilles, a trouvé sa place à Chartres, où il développe une cuisine aussi précise que personnelle, aussi bien capable d’interpréter le terroir beauceron qu’il en sort quelques fois avec esprit. Ses variations sur le patrimoine local maintiennent le Grand Monarque dans sa réputation nationale, une élégante courge baby boo à la belle robe blanche, creusée pour accueillir un travail équilibré autour de la noisette et de la truffe blanche de Toscane, une remarquable barbue à la Chartres avec une sauce en motif marbré, écrevisses et girolles, d’un très bel équilibre terre-mer, au niveau des quatre toques, puis le lapin du bois Rouvray, timide sur les quantités et l’accompagnement de pommes de terre soufflées, sauce et persil tubéreux. Les desserts de Jérôme Bellegueille sont une belle réussite, avec notamment un chocolat de plantation 76% sous un biscuit, glace à la berce et herbes sauvages. La cave est toujours aussi exceptionnelle, avec plus de trois mille références et de nombreux vins de prestige, bien conseillés par Nicolas Duclos.