Bordeaux 2017 : un résumé

Impossible en 2017 d’affirmer qu’il n’y a pas eu d’incidents climatiques à Bordeaux, en France et en Europe. Les nuits des 20 et 21 avril, puis des 27 et 28 avril ont été des périodes sombres pour les viticulteurs. À Bordeaux, ce n’est pas moins de 40% de perte de récolte que les organismes officiels ont enregistré. Mais une fois la sentence posée, qu’en est-il réellement du millésime ? Pour cela, il convient de faire un tour dans les vignes et d’essayer d’expliquer ce phénomène gélif. 

Dans leur grande majorité, les meilleurs terroirs de Bordeaux, ceux situés sur le plateau calcaire de Saint-Émilion, le plateau graveleux de Pomerol ou encore près de l’estuaire de la Gironde pour le Médoc, n’ont pas été impactés. Dans leur cas, le millésime s’est parfaitement déroulé avec une réelle précocité, un léger stress hydrique au courant de l’été, mais surtout un ensoleillement relativement faible (le temps était nuageux) qui a imposé une maturité très lente des baies. Quelques pluies en septembre sont venues amoindrir un espoir important, mais dans l’ensemble le millésime reste grand sans être très grand. Les vins sont fruités et aromatiques, les acidités, comme en 2015 et 2016, sont assez élevées ce qui engendre des touchers de bouche particulièrement tendus et droits, avec beaucoup de fraicheur, une caractéristique dont personne ne se plaindra à Bordeaux. 

Pour les autres terroirs, la donne est très diverse. Là où le gel est passé, les vignes ont été dévastées et la repousse s’est effectuée sur des grappes dites de seconde génération qui ne sont pas arrivées à maturité. Les vins connaissent alors des milieux de bouche plutôt maigres et surtout des arômes de maturité non aboutie (feuille de murier, végétal, lierre). Dans ce cas, le vigneron a le choix soit de ne pas présenter de vins, soit de sélectionner de manière drastique les lots les plus convenables afin de ne point mettre en danger l’équilibre économique fragile des propriétés. 

Dans le cas des vignes non affectées par le gel, certains réussissent des vins particulièrement charmants et élégants, avec beaucoup de fraicheur, alors que d’autres, lorsqu’ils ont vendangé après les pluies de septembre, ont légèrement dilué les milieux de bouche. 

Quoi qu’il en soit, 2017 est un millésime intéressant à Bordeaux. Certes, l’hétérogénéité marquée impose une sélection importante (nous sommes là pour cela !) et les vins méritent l’intérêt des amateurs qui apprécient la buvabilité et la fraicheur dans les vins de Bordeaux. 

De plus, les prix devraient baisser, offrant ainsi de très beaux rapports qualité/prix, source de plaisirs importants dans les prochaines années. 

Bonne sélection.