Un millésime modeste en quantité mais ambitieux en qualité

Le Beaujolais est, sans aucun doute, l’un des plus beaux paysage viticole de France. Et en ce moment, les vendanges s’achèvent dans les 12 appellations du Beaujolais, où les derniers coups de sécateurs résonnent dans les zones les plus tardives.

Cette année n’aura pas été de tout repos pour les vignerons : gel au printemps, sécheresse, différents épisodes de grêle ont remué le vignoble. Ces aléas climatiques font qu’aujourd’hui, le millésime 2019 est marqué par une grande hétérogénéité, du nord au sud. La récolte est de petite quantité, de moitié par rapport au millésime précédent, nous acheminant vers un rendement inférieur de 25 % par rapport à la moyenne de ces cinq dernières années.
Malgré tout, les premiers vins dégustés dans les caves annoncent un millésime prometteur. Les pluies du mois d’août ont permis d’alimenter la vigne. Ainsi, les raisins ont terminé leur maturation dans des conditions favorables, ramassés mûrs, avec une belle acidité naturelle. L’état sanitaire était bon, offrant une belle richesse en sucres, équilibrée par une acidité précieuse. Avec ce millésime ni précoce, ni extrême, les raisins offrent une grande fraîcheur, cette fraîcheur qu’on aime tant retrouver dans les gamays du Beaujolais. Le potentiel de garde sera intéressant et les vins seront lumineux.

« Les vins sont souples et ronds. Ce millésime est certes modeste en quantité, mais très intéressant en qualité. On enchaîne les bons millésimes ! », résume Bertrand Chatelet, directeur de la SICAREX (Institut de recherche viticole et œnologique du Beaujolais).

Philippe Thillardon, président de la cave Oedoria, rajoute : « C’est une année atypique. La petite récolte offre un équilibre parfait entre alcool - acidité - maturité phénolique. Les premières dégustations annoncent des vins structurés tout en gardant du fruit, et donc de la fraîcheur ».

« Depuis quelques années, le Beaujolais est sur une bascule positive. Les chiffres le confirment. Sur le premier semestre 2019, à l’export, le Beaujolais marque la plus importante progression avec +10,5 %, dans un contexte où la France en général fait -2,2 %. Dans cette période où la consommation de vin rouge a tendance à marquer le pas en faveur de celle des blancs et des rosés, les vins du Beaujolais montrent leur bon potentiel pour les prochaines années, dans le monde entier. La récolte 2019 va être un atout fort pour continuer à séduire les consommateurs », conclut Dominique Piron, président d’Inter Beaujolais, l’Interprofession des vins du Beaujolais. Prochain rendez-vous : le jeudi 21 novembre, où les Beaujolais de Fête (c’est le nouveau nom du Beaujolais nouveau) révèleront les premières tendances du millésime 2019.