Saint Joseph - Rhône

04/05/2021

Saint-Joseph, la valeur sûre des vignobles du Rhône

Publicité

Sur la rive droite du Rhône, l’appellation saint-joseph s’étire sur pas moins de 50km du nord au sud faisant le lien entre condrieu et cornas mais il n’en a pas toujours été ainsi.

Historiquement les vins de Mauves, du nom du village éponyme, n’étaient produits qu’entre Tournon et Mauves.

Avec la nouvelle dénomination et face à la demande croissante, l’appellation s'est considérablement étendue et représente aujourd’hui quelque 1200 hectares contre 90 en 1956 lors de la reconnaissance de l’AOC.

 

La production est essentiellement rouge, avec le seul cépage syrah; le blanc représentant 10% du vignoble est partagé entre les cépages marsanne et roussanne.

Les vins de saint-joseph ont acquis une solide réputation et sont souvent comparés à ceux de

crozes-hermitage sur la rive d’en face.

 

Crédit : Adobe stock - @into the wild 

Des vins puissants mais fins

Les syrah sont plantées sur les coteaux granitiques des contreforts du massif central en direction de l’est, du sud et du sud-est, emmagasinant ainsi le maximum d’ensoleillement.

Il en ressort généralement des vins bien mûrs, amples et généreux qui développent des arômes de cassis et de mûre, parfois confiturés, de poivre, d’épices et de violette.

En bouche, ils se montrent soyeux, plus ou moins tanniques en fonction des domaines, des années et de la localisation des vignes.

Avec 50 km de latitude du nord au sud, la maturité des raisins varie fortement même si c’est souvent l’exposition de la parcelle et son altitude qui jouent un rôle majeur dans l’expression de la cuvée.

Historiquement parfois rustiques, les saint-joseph contemporains sont des vins à la puissance domptée qui allient aromatique franche, complexité et finesse mais surtout un soyeux remarquable.

Ils peuvent se boire assez rapidement mais offrent pour les meilleurs une capacité à la garde en cave d’une bonne dizaine d’année. 

 

Crédit : Adobe stock - @Aerial Mike

Des blancs en moindre volume

Les saint-joseph blancs sont rares puisqu’ils ne représentent que 10% des volumes.

Marsanne et roussanne sont à leur aise sur des sols plus meubles et se plaisent beaucoup moins sur les granits qui constituent l’essentiel de l’appellation.

Autre explication : les vignerons ont le droit d’incorporer jusqu’à 10% de cépages blancs dans le vin rouge, lui apportant ainsi un surcroit de finesse et de fraîcheur. C’est autant de moins pour réaliser des vins blancs.

 

Crédit - Adobe Stock - @Thierry RYO

 

À table

On associera volontiers les rouges jeunes aux charcuteries lyonnaises pour un apéro dinatoire mais également et surtout aux viandes rouges servies saignantes.

Après quelques années, ils s’associeront aux daubes et autres plats en sauce, aux gibiers fins ou encore, pour les plus puissants d’entre eux, à un dessert au chocolat noir en évitant la surdose de sucre.

En blancs, les accords sont nombreux et vont de la blanquette de veau jusqu’aux poissons en sauce.

 

Notre sélection

Nous avons sélectionné une douzaine de saint-joseph rouges que vous retrouverez dans notre guide Auvergne Rhône-Alpes et parmi eux 3 coups de cœur : 

Saint-joseph

La sybarite

2018

« Le plaisir dans un univers de luxe et de raffinement », voilà pour la signification de sybarite en référence à un comptoir grec en Italie du sud quelques centaines d’années avant JC.

Superbe nez sur la prune et le noyau de cerise pour cette cuvée qui se prolonge avec une bouche raffinée, tout en délicatesse et soyeux. Les tanins sont bien présents mais murs, fins et élégants.

La sybarite est bien nommée et on lui préparerait bien une bécasse entière pour l’accompagner avec plaisir.

 

 

Saint-joseph

Emisphère

2018

Nez floral, discret, élégant. La bouche est fruitée, digeste, gourmande, presque gouleyante avec des tanins très fins et peu marqués. On se régalera immédiatement de cette cuvée avec quelques cochonnailles.

 

 

Saint-joseph

2019

Quelle distinction ! Le vin se montre frais, net, navigant entre notes de fruits, de fleurs et d’épices sans jamais tomber dans la caricature.

En bouche l’équilibre est identique avec à la fois le coté soyeux et la fraîcheur parfaitement maintenue. Seule une petite touche astringente se fait ressentir en finale.

Belle réussite.