Boire

Quantité record pour la vente des Hospices de Beaune

raditionnellement, c’est le troisième weekend du mois de novembre, qu’à lieu la vente de charité des Hospices de Beaune.

Donnant le ton pour la campagne à venir, cette vente aux enchères dirigée par la société Christie’s, connait cette année une mise en marché très importante. Partout en Bourgogne, le millésime a été généreux. Si la côte de Nuits a réalisée un millésime « normal » mais largement plus productif que les récoltes des années précédentes, c’est en côte de Beaune, la région des blancs, que les quantités furent prolifiques. Ainsi, 828 pièces seront mis aux enchères. Il faut remonter jusqu’en 1973, il y a donc 45 ans, pour obtenir de tels résultats. 

Côté qualité, l’optimisme est de mise. Comme partout en France, le millésime a débuté en cauchemar avant de finir en rêve. En effet, les vendanges se sont déroulées dans des conditions parfaites laissant le temps aux raisins de idéalement mûrir. 

Ludivine Griveau, le jeune et talentueuse régisseur des Hospices de Beaune, reste confiante : « Il fallait aborder les choses avec un esprit un peu plus scientifique : surveiller les cinétiques de fermentation. Les levures n’étaient pas nombreuses et il fallait les mettre dans de bonnes conditions. Nous avons pratiqué davantage de remontages que d’habitude » affirme t-elle comme pour signifier que ce millésime est un sacerdoce pour les « oenologues ». 

Quoi qu’il en soit, les effets de cette 158ème vente des vins des Hospices de Beaune, seront scrutés comme jamais. Les résultats de la vente, en très forte hausse ces dernières années grâce notamment aux velléités de développement international de la maison Christie’s, ont des répercussions importantes sur l’ensemble de la Bourgogne viticole. Les metteurs en marché attendent avec fébrilité les niveaux de hausse, puisqu’il faut désormais les appeler ainsi, pour définir leurs prix de mise en marché. 

Mais cette année, l’ensemble de la Bourgogne appelle à une sagesse au niveau des prix. La spéculation et la rareté de ces dernières années ont été un vecteur important d’augmentation des prix et de très nombreux clients « historiques » de cette région commencent à ne plus suivre de telles hausses. Il est désormais l’heure pour les bourguignons de choisir entre une clientèle fidèle et passionnée, qui boit et conserve quelques années les vins en cave, et une clientèle plus intéressée par la spéculation possible sur les bouteilles. Résultats le 18 novembre au soir.