Boire

Operation Carte sur Table

Bien trop souvent, il est vrai, le vin et la gastronomie ne font pas alliance au restaurant. Le premier sert souvent de variable d'ajustement aux marges réduites sur le deuxième pour attirer le consommateur. Mais de plus en plus, les restaurateurs comprennent qu'afficher des coefficients 4 ou 5 sur des bouteilles de vin est un frein pour de nombreux consommateurs.

Alors quand un négoce bordelais décide de remettre le vin au centre des débats, c'est le client qui y gagne.

Lancée en 2011 par Jean Moueix pour la société Duclot La Vinicole, l'opération Carte sur Table connaît un succès d'estime auprès des amateurs de vins et de gastronomie. L'opération permet d'apprécier pendant un mois, une sélection de grands vins de Bordeaux, dans des millésimes à maturité, à prix cavistes.

Originellement dédiée aux restaurants parisiens, l'opération est désormais disponible en province. Et cette année 2017 est, sans conteste, l'une des plus magiques au niveau de l'offre. Quinze grands vins, d'une qualité exceptionnelle, depuis le millésime 1996 jusqu'au millésime 2013, seront mis à disposition des restaurants pour permettre aux clients de se faire plaisir dans un prix moyen de 100 €. Ce ne sont là que des vins d'exception, l'élite de la viticulture bordelaise. En temps normal, les prix varieraient dans une fourchette deux à trois fois supérieure.

Que dire de la sélection des tables ? Eclectique certes mais surtout hédoniste avec de nombreux restaurants de premier ordre offrant, du 1er au 31 mars 2017, des menus chics à prix corrects. Une sélection intelligente qui allie le savoir-faire de la gastronomie française à l'une des régions viticoles les plus connues.

Nous avons eu l'opportunité de déguster l'ensemble des vins et nous vous livrons, en avant-première, nos impressions pour chacun d'entre eux. Bonne sélection et bonne opération Carte sur Table.


Château Canon – Saint-Émilion Grand Cru Classé B – 2008

Boisé fin, élégant pour un nez légèrement épicé mais tout en finesse, en délicatesse. Trame très fine, grain particulièrement serré avec de l'élégance. Aérien en finale, ce vin demande une gastronomie précise, délicate, juste. - 17


Château Gazin – Pomerol – 2012

En 2012, Gazin a réalisé un 100% merlot. Ceci engendre un nez épicé, intense avec des arômes de fruits noirs et beaucoup de fraîcheur. Très belle maturité pour une année complexe, du fond, de la structure, bien joufflu comme un merlot. En référence au millésime, c'est superbe ! Privilégiez les plats forts en goût avec une sauce. - 17,5


Château Haut-Bailly – Pessac-Léognan – 2008

Prune, mûre, fruits noirs, le nez est très aristocratique, très Haut-Bailly. En bouche, la tension nécessaire du cabernet-sauvignon apporte de la rectitude, un grain très fin, une définition précise et nette. Finale aérienne pour ce vin superbe. Une référence pour un gibier délicat – 18,5


Château Haut-Brion – Pessac-Léognan 1er Cru Classé – 2007

Fraîcheur et des arômes précis de fruits noirs, d'épices, de prune. Quelle complexité. Ronde, suave, la bouche est moelleuse mais tellement veloutée et satinée. Une précision tannique incroyable, un Haut-Brion magnifique à ce stade. Mets délicats bien évidemment, sans trop de sauce. - 18


Château Palmer – Margaux – 2007

Nez fumé, épicé, très fruits noirs. Rond, charmeur, tactile, il offre une bouche sapide et suave. Rien que pour le toucher de bouche délicat et rond. Une très belle bouteille. Parfait sur un agneau – 16,5


Château Rauzan-Ségla – Margaux – 2002

Encore fermé, légèrement herbacé, le vin reste toutefois en place en bouche avec une finale droite et tendue. Pour une volaille. - 15,5


Château Talbot – Saint-Julien – 2003

Noyau de cerise, prune, rose fanée aussi. De la fraîcheur, une structure moyenne avec une finale très médocaine sur l'allonge. À son apogée. - 16,5


Château Grand-Puy-Lacoste – Pauillac – 2005

Ce très beau millésime à Pauillac offre des notes de fruits noirs même si le vin reste un peu fermé. En bouche, la linéarité est à l'œuvre dans une tension superbe et une définition de grain très précise. Aérien et moyennement dense, il ira avec quantité de plats. - 16


Château Pontet-Canet – Pauillac – 2008

Épices nobles, fruits noirs, très belle trame aromatique dans la fraîcheur et la délicatesse. Suave et juteuse, la bouche est sapide avec une finale superbe sur des notes de fruits noirs. Une valeur sûre. - 18,5


Château Mouton Rothschild – Pauillac – 2004

Boisé prégnant mais délicat. Une très belle mâche, du velouté, de la densité aussi mais une délicatesse qui enrobe l'ensemble. Fumé et solaire, ce vin est tout simplement superbe. - 18,5+


Château Lafite Rotshschild – Pauillac – 2007

Le nez est un parfait exemple de la délicate austérité de Lafite. Fermé et épicé, il demande un temps de carafe. Hyper précis en bouche, aérien aussi, très fin et délicat pour un vin massif certes mais qui ne montre pas ses muscles. Pas encore... - 18


Château Montrose – Saint-Estèphe – 2008

Graphite, pas truffe mais légèrement fumé. Dense et complet au nez. Fraîcheur et allonge en bouche pour un ensemble au grain magnifique. - 17,5


Château Pape Clément – Pessac-Léognan blanc – 2013

C'est peut-être la bouteille qui a le moins impressionné. Le nez est dominé par des notes de clous de girofle et le bois. La bouche offre une belle matière, certes, mais les arômes boisés prennent rapidement le dessus sur l'ensemble. - 15


Château Climens – Sauternes – 1996

Un beau nez rôti, frais, délicat. Fleurs blanches, abricot et truffe blanche. Rond et suave, superbe fraîcheur pour un Climens d'une très belle facture. Ne lui faites pas l'outrecuidance de le déguster sur un dessert. Préférez une volaille rôtie. - 17


Château Guiraud – Sauternes – 1997

À 35€ la bouteille de 50 cl, c'est LA bonne affaire. Le nez d'encaustique, de coing, de safran offre une complexité magnifique. Matière et densité, des notes de pâte de coing en bouche et de poire flambée. Superbe. - 17,5


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