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Henry-Frédéric Roch est décédé.

Cogérant du très célèbre Domaine de la Romanée-Conti, enfant terrible d’une bourgogne parfois traditionnelle, amoureux de la gastronomie, Henry-Frédéric Roch est décédé ce weekend.

C’était un homme en dehors de tout média, car il aimait plus que tout sa liberté et osait utiliser les mots avec saveur. Son indépendance était totale comme ses vins étaient uniques. Longtemps précurseur des vins nature, il bâtit ex nihilo un très beau domaine : le Domaine Prieuré-Roch à Prémeaux-Prissey. 
Ce suite au décès de son frère Charles dans un accident de voiture qu’il devient cogérant du Domaine de la Romanée-Conti pour représenter les intérêts de la famille Leroy. Fils de Pauline Roch-Leroy et neveu de Lalou Bize-Leroy, la passionaria de la biodynamie et l’une des grandes dames de la Bourgogne, il avait créé son domaine dès 1988. 

Parmi ses faits d’armes, notons son Clos de Bèze, son Clos de Vougeot et surtout son cru monopole Nuits-Saint-Georges 1er Cru Clos des Corvées. Certes ses vins sont vendus à des prix très élevés, mais ils représentent ce que la Bourgogne avait de facétieux, de nouveau, de visionnaire. 

Avant d’avoir mis en avant son gérant actuel, Yannick Champ, il avait eu l’enthousiasme et l’intelligence de faire confiance à un jeune vinificateur plein de talent, Philippe Pacalet, neveu de Marcel Lapierre, qui mit en oeuvre les débuts du Domaine Prieuré-Roch. 

« Pendant 26 ans, il m’a accompagné avec compétence et amitié. Il avait une vision forte des devoirs de notre famille vis-à-vis du domaine. Il était à mes côtés pour toutes les décisions que nous avons dû prendre. Notre collaboration a été excellente. Il était très apprécié au Domaine et par tous ses pairs bourguignons pour sa gentillesse, son approche humaine et sa générosité » explique à Gault&Millau, en exclusivité, Aubert de Villaine le cogérant du Domaine de la Romanée-Conti. 

Photo : gauche : Aubert de Villaine ; droite : Henry-Frédéric Roch