Boire

Chartreuse, la liqueur : le livre

Au début fut l’élixir. Puis vint la liqueur. Enfin le plaisir. Plaisir de déguster, d’humecter ses lèvres, de sentir les douces effluves d’une boisson devenue légende : la liqueur Chartreuse.

C’est par la grâce d’un manuscrit arrivé en 1737 au monastère de la Grande Chartreuse (le premier monastère et la maison-mère des moines-ermites de l’ordre des Chartreux) que ces derniers commencèrent à transformer l’élixir du Maréchal d’Estrées en Elixir Végétal de la Grande-Chartreuse tel qu’il est nommé au 18e siècle. Les chartreux ne se sont pas contentés de conserver passivement une recette, d’ailleurs insuffisante, ils se la sont appropriée et l’ont faite évoluer, ajoutant leur savoir-faire à la longue tradition qui avait abouti au manuscrit du Maréchal. On aurait tort de croire, en effet, que ce manuscrit ne contient qu’une liste de 130 plantes. On y trouve une liste de plantes et d’opérations à faire, avec des références à des traditions plus anciennes, point de départ à partir duquel la recette actuelle a été précisée » explique Dom Dysmas de Lassus, le prieur général de la Grande Chartreuse, dans le livre référence Chartreuse la liqueur. 

Ce livre contient toute l’histoire, la fantastique épopée de la liqueur de Chartreuse et des moines chartreux. Il met à mal quelques légendes urbaines et dévoile les vicissitudes des moines à travers les époques, de l’arrivée du manuscrit au monastère de la Grande-Chartreuse, en passant par l’exil à Tarragone ou au développement des différentes distilleries, rien n’est omis, ni mis de côté. Comme la liqueur, c’est dans son condensé, la richesse de ses sources, la multiplicité des faits et des dates que ce livre tire toute sa puissance et sa complexité. Une complexité aussi majeure que ce fabuleux élixir de la Chartreuse pour un plaisir de lecture et de dégustation majuscule. En quelques mots, c’est un fabuleux cadeau.