Auguste Clape s’en est allé

Un grand monsieur du Rhône nord s'en est allé.

Ce fut l’un des précurseurs des vins du Rhône nord et de l’appellation cornas, un gardien du temple en quelque sorte qui à force de travail et d’obstination à fait de son domaine l’un des phares d’une appellation très souvent mal comprise. 
Par son mariage, Pierre-Auguste Clape hérite d’un domaine (Domaine Frugier) tourné vers la polyculture. Ne produisant que des vins pour les négoces locaux, il décide de changer d’orientation et de produire son propre vin. Dès 1950, il sera l’un des pionniers de la mise en bouteille au domaine avant de se tourner vers l’international et d’être l’un des précurseurs de la vente de vins en Angleterre et aux États-Unis dès les années 1970. 

Son vignoble, il l’étendra modestement, passant de quatre hectares à près de 8,5 hectares. Produisant 2 cuvées (le Cornas et la Renaissance issue des jeunes vignes), Auguste-Clape sera un ardent défenseur des différents terroirs de Cornas, notamment les Reynard, la Sebarotte et la Côte et mettra en avant le travail de chacun d’eux dans une symphonie commune. Adepte des vinifications en grappes entières, une révolution à l’époque bien plus qu’aujourd’hui où beaucoup font croire à une innovation quand c’est une pâle copie de leurs ainés, Pierre-Auguste Clape ne transigera jamais avec l’élevage. Son crédo à lui, des élevages longs en cuves béton puis un passage en foudres (des cuves en bois) pour patiner légèrement le vin sans le boisé à outrance. 

Amoureux de la tradition, gardien du temple, il aimait que ses vins se dégustent avec le temps. 

Son fils Pierre-Marie et son petit-fils Olivier sont désormais les dignes héritiers de tout le savoir de ce grand homme.